Pourquoi opter pour la co-construction pour éviter le syndrome du chateau de sable ?

N’avez vous jamais été victime du syndrome du château de sable ?

Après des semaines de travail acharné, vous présentez votre dossier devant vos pairs ainsi qu’à votre responsable et là patatras. Chacun s’évertue à détricoter votre travail, à le remettre en question et à y introduire des aménagements qui le dénaturent définitivement. Un peu comme ces sales gosses qui s’empressaient de détruire votre château de sable dès que vous aviez le dos tourné à la plage. co-construction

Quoi de plus naturel finalement ?

Qui n’a jamais été traversé d’une pensée sadique en posant son regard sur un château de sable fraîchement achevé qui voit son concepteur s’éloigner pour rejoindre sa serviette. Et bien dans le monde professionnel, c’est pareil. Il est tellement facile de détruire le travail des autres, de pointer les failles et les manques plus que les réussites. Car nous ne croyons sincèrement qu’à ce que nous avons nous-même réalisé.

Ce genre d’épisode peut être profondément nocif pour notre moral. Pour peu que l’on ne fasse pas de différence entre ce que l’on produit et ce que l’on est, on va rapidement se sentir médiocre.

Et que de temps perdu !

Combien faudra-t-il d’aller-retour pour aboutir à une version partagée du dossier ?
Combien d’efforts de lobbying pour convaincre les différentes parties prenantes de la pertinence de la proposition ?
Imaginons maintenant qu’au lieu de préparer votre dossier seul durant des semaines vous ayez réalisé un travail collaboratif. Que vous ayez sollicité vos pairs et votre manager lors de réunions (appelons les « ateliers de travail ») pour réfléchir avec vous à la problématique et construire ensemble un livrable qui prend en compte leurs remarques. Des remarques qui deviennent alors un atout précieux pour rendre votre travail plus pertinent et plus robuste à l’épreuve de la critique. En impliquant les parties prenantes en amont dans votre travail, vous créez autant d’ambassadeurs de votre solution.

Des ambassadeurs qui seront alors capables de la défendre. Car ce sera un peu “leur” solution. Avoir une bonne idée seul a finalement assez peu d’intérêt comme le montre cette équation :

E=QxA

L’efficacité d’une idée est égale à sa Qualité multipliée par l’Adhésion qu’elle remporte. En d’autres termes, aussi bonne que soit votre solution, si vous êtes le seul à la défendre, elle n’ira nulle part. Alors ne négligeons pas l’adhésion que peut remporter une idée. Et quel meilleur moyen pour créer l’adhésion que la co-construction !

Le travail en groupe (la co-construction) fonctionne un peu comme une serre qui ferait mûrir les idées plus rapidement. En confrontant votre travail au regard des autres, on avance plus vite. L’émulation qui peut se créer dans un groupe est un facteur accélérateur.

Bien sûr, on pourrait rétorquer que c’est là une approche luxueuse qui mobilise de nombreuses ressources là où le travail pourrait être réalisé seul. Travailler seul constitue rarement un gain de temps. La plupart des sujets à traiter aujourd’hui font intervenir de nombreuses expertises et plusieurs décisionnaires. Le temps de synchronisation nécessaire pour faire circuler l’information entre les acteurs impliqués est souvent bien supérieur à celui nécessaire pour mobiliser les parties prenantes à l’occasion d’un atelier collaboratif. Et je ne parle pas du temps lié à l’accompagnement du changement nécessaire lors de la mise en place d’une nouvelle solution. Un temps qui n’existe pas lorsque les acteurs ont été impliqués dès le départ dans la construction de cette solution. A l’heure où l’intelligence collective prend une place de plus en plus importante, savoir tirer le meilleur d’un groupe est sans doute une des clés de la réussite des organisations.

Mais attention, cette démarche doit être sincère. Il ne s’agit pas de solliciter d’autres acteurs dans l’espoir de les manipuler et d’imposer votre point de vue. On ne provoque pas d’atelier collaboratif si l’on connaît déjà le résultat. Il faut faire preuve d’une véritable ouverture d’esprit et être prêt à accueillir les résultats même s’ils ne correspondent pas à ce que vous attendiez.

Demander l’avis à tout le monde pour mettre en avant un travail de co-construction alors que les dés sont déjà jetés ne mène pas très loin. Généralement, ça ne marche qu’une fois et les effets pour la suite peuvent être dévastateurs car la confiance est alors rompue.

Vous l’aurez compris, cette approche de co-construction s’applique en interne dans les entreprises mais de façon plus large avec les clients, car les ressorts sont les mêmes.

Pourquoi passer un temps infini à imaginer un produit qui a de fortes chances de ne pas convenir à un client.
Pourquoi s’épuiser dans des études à posteriori qui arrivent souvent trop tard.
Pourquoi ne pas plutôt opter pour la co-construction avec votre client ?
N’est-ce pas la façon la plus sûre de savoir exactement ce qu’il veut ?

C’est là toute l’approche du design thinking et de l’agilité qui placent le client au centre du processus de construction.

Alors la prochaine fois que vous construirez un château de sable avec votre ls et que vous sentirez peser sur vous les regards malicieux d’enfants prêts à se jeter sur votre œuvre au moindre moment d’inattention, proposez leur de le construire avec vous et vous améliorerez ainsi significativement l’espérance de vie de votre construction.

À propos de David & Sacha

Co-fondateurs et associés du WORKLAB

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