Comment mobiliser notre cerveau créatif quand nous en avons besoin ?

Le 15 janvier 2009, deux minutes après avoir décollé de l’aéroport de LaGuardia à New York, Chesley Sullenberger prit la décision de poser son Airbus A320 sur le fleuve Hudson, sauvant ainsi ses 150 passagers et ses 5 membres d’équipage. 

Voir les réacteurs de son avion bouchés par une nuée d’oiseaux est une situation stressante même pour un ancien capitaine de l’US Air Force totalisant 19 000 heures de vol. Il ne fait aucun doute que, face à l’urgence de trouver une solution, le pilote a agi à ce moment-là en mode adaptatif.

Ce mécanisme de bascule entre le mode mental automatique —adapté aux activités routinières, simples ou connues— et le mode mental adaptatif —qui permet de gérer les situations nouvelles et complexes— est présent chez tout le monde et se déclenche naturellement quand la situation l’exige.

Le cerveau : une machine à prendre des décisions

Le mode automatique agit à une vitesse fulgurante, ce qui lui permet d’analyser de gigantesques quantités d’information et de traiter les 5 000 à 6 000 décisions que nous prenons chaque jour.

Lorsque nous conduisons une voiture notre cerveau analyse jusqu’à 1700 informations par minute. De même, nous pourrions croire que faire des recherches sur internet est une activité complexe qui sollicite fortement nos fonctions cognitives. En réalité nous exécutons ces tâches en mode automatique car nous y sommes accoutumés.

La contrepartie de cette efficacité est une pensée routinière, simplificatrice et conformiste, reposant sur des représentations mentales figées, l’expérience acquise et l’application des règles sociales. Le mode automatique filtre les informations qui lui parviennent et rejette sans ménagement les idées nouvelles et originales, ce qui pose un sérieux problème lorsque nous voulons être créatifs.

Comment fonctionne le cerveau créatif ?

Les découvertes obtenues ces dernières années par l’observation du cerveau en fonctionnement, à l’aide d’appareils d’imagerie par résonance magnétique (IRMf), battent en brèche l’ancien modèle d’un cerveau droit créatif et d’un cerveau gauche logique. . Dans toutes les opérations réalisées par notre cerveau, différentes régions contribuent afin d’orienter l’attention, traiter les informations, imaginer, planifier, prendre des décisions, initier des comportements et mémoriser. Les observations par IRMf montrent que notre intelligence adaptative (ainsi que notre créativité) siège en majorité dans notre cortex préfrontal et fait intervenir d’autres régions du cerveau.

Dernier apparu dans les stades de l’évolution, le cortex préfrontal est intimement connecté à notre système sensoriel (informations sur notre environnement), au centre de nos émotions, au système mnésique (expériences passées) et à nos fonctions motrices. Le traitement de ces informations permet de forger en permanence les représentations de notre monde interne et externe pour leur donner un sens. Toutefois, le mode adaptatif est lent et ne prend la main que lorsque nous sommes confrontés à des situations inconnues ou trop complexes pour être traitées par nos automatismes.

Heureusement pour nous, il est quand même possible de libérer notre créativité en activant volontairement notre mode mental adaptatif et nous allons voir bientôt comment procéder.

Une aptitude naturelle à la créativité

Il existe des professionnels de la créativité : artistes, designers, concepteurs… Des études récentes montrent que le cerveau des personnes très créatives est structurellement différent. cerveau créatifEn effet, elles ont plus d’interconnexions que les autres entre les deux hémisphères cérébraux et ces connexions sont plus fortes. De plus ces individus parviennent à utiliser simultanément des zones du cerveau que les personnes peu créatives utilisent habituellement à tour de rôle.

Pour autant, rien ne dit que la créativité est une capacité innée, réservée à certains. Elle peut être développée par la pratique.

Pouvons-nous alors faire comme ces personnes et cultiver notre créativité ou, au moins, mobiliser à la demande notre cerveau créatif ?

Comment devenir créatif quand on ne l’est pas ?

Être créatif, c’est être capable d’adopter un regard différent sur un problème afin de produire des idées à la fois nouvelles et adaptées au contexte. Cette définition peut sembler contradictoire puisqu’elle exige en même temps de s’affranchir du cadre donné et de faire référence à ce cadre pour s’assurer que la production est appropriée aux objectifs poursuivis. Or c’est justement ce qui distingue l’intelligence créative de l’intelligence rationnelle et qui fait la force des esprits créatifs.

En effet, les personnes très créatives arrivent à explorer un nombre élevé de possibilités, sans jugement a priori, tout en gardant en arrière-plan la faculté de discerner ce qui est important et de sélectionner les pistes les plus prometteuses le moment venu. Elles font généralement preuve d’une grande tolérance à l’ambiguïté, ce qui leur permet d’examiner avec une curiosité égale une idée et son contraire, sans faire intervenir à ce moment-là les préjugés, les croyances, les valeurs morales ou le conformisme social.

Si la créativité n’est pas directement dépendante du quotient intellectuel d’une personne, elle est nourrie par la culture générale et par l’expertise acquise dans un domaine donné. Cela peut s’expliquer par le fait qu’un expert aura à la fois la capacité de créer des liens entre un nombre élevé de concepts éloignés et celle de distinguer facilement ce qui est réellement nouveau et original. À condition que la somme de ses connaissances ne l’enferme pas dans la routine, la certitude ou la rigidité mentale.

Un autre aspect paradoxal de la créativité est qu’une bonne idée ou une solution apparaît bien souvent lorsqu’une personne ne pense pas au problème qu’elle essaye de résoudre mais laisse vagabonder son esprit. Ceci peut arriver aussi alors qu’elle réalise une activité familière (marcher, prendre sa douche, cuisiner) ou qu’elle est en train de se reposer. Cela est dû au fait que, lorsqu’il n’est pas focalisé sur une tâche particulière, notre « Réseau du Mode par Défaut » (qui gère l’imagination) peut se consacrer pleinement à la résolution du problème sans que nous en ayons véritablement conscience. Le Réseau du Mode par Défaut implique lui aussi le cortex préfrontal et ses connexions avec les lobes temporaux.

Pour résumer, nous pouvons dire que, pour résoudre des problèmes complexes et avoir des idées originales ou adopter de nouveaux comportements, tout ce que nous avons à faire c’est de trouver un moyen de laisser la main à notre cortex préfrontal.

Bien sûr, dans le domaine de la créativité comme dans d’autres disciplines professionnelles, artistiques et sportives, certains sauront se montrer plus doués que d’autres ou auront été aidés par un terreau socio-culturel favorable mais tout le monde peut s’entraîner et progresser.

Provoquer la créativité individuelle

La créativité peut se développer très facilement en réunissant un certain nombre de conditions et en évitant de tomber dans certains pièges. Voyons d’abord comment contourner les pièges qui bloquent la créativité.

Evitez les pièges

Un état de stress est le signe que vous êtes resté en mode automatique malgré les tentatives de prendre la main de votre mode adaptatif. Vous essayez alors généralement de vous attaquer directement à la source du problème dans l’espoir de le faire disparaître mais vous n’obtenez pas forcément les résultats escomptés, ce qui peut augmenter votre stress. La meilleure solution est de sortir d’abord de l’état de stress pour réexaminer le problème avec les bons outils cognitifs.

Le mode mental automatique a une fâcheuse tendance à vouloir garder le contrôle. Il va donc falloir trouver quelques astuces pour provoquer la bascule. Il y a principalement trois manières de faire taire le mode automatique pour laisser la place à l’adaptatif. Nous pouvons agir sur trois niveaux : émotionnel, cognitif et comportemental.

    • Niveau émotionnel

Pour calmer les émotions vous pouvez tenter d’adopter une respiration abdominale, plus lente. Un rythme de 6 respirations par minute est idéal. Inspirez pendant 5 secondes et expirez pendant 5 secondes. Si vous êtes vraiment agité et avez besoin de vous apaiser essayez d’inspirer pendant 4 secondes et d’expirer pendant 6 secondes. Trouver ce rythme n’est pas trop difficile même si au début cela peut sembler inconfortable. Ce qui est plus difficile, c’est de garder ce rythme pendant au moins 3 minutes. On y arrive plus facilement avec un peu d’entraînement.

    • Niveau cognitif

Le calme retrouvé, nous pouvons agir au niveau cognitif. L’Approche Neurocognitive et Comportementale identifie 6 dimensions du mode automatique qui bloquent nos facultés créatives. En mode automatique, nous privilégions la routine et à cherchons à contrôler coûte que coûte la situation même si manifestement notre entêtement se solde par des échecs répétés. Nous avons tendance à généraliser ou à simplifier à l’extrême et à prendre nos certitudes pour la réalité. Nous appliquons par défaut les recettes qui ont déjà marché et essayons de ne pas déroger aux attentes et aux normes sociales. Face à ces 6 dimensions (routine, persévérance, simplification, certitude, empirisme et image sociale) le mode adaptatif oppose 6 autres dimensions (curiosité, souplesse, nuance, relativité, réflexion et opinion personnelle). Ces dimensions sont autant de clés d’entrée dans le mode adaptatif et il suffit d’activer l’une d’entre-elles pour que la bascule se produise. Peut-être que l’une de ces clés fonctionne mieux pour vous et peut vous aider à éveiller votre intelligence adaptative.

Mettez toutes les chances de votre côté

Avant de vous lancer, préparez-vous. Votre imaginaire a besoin d’être nourri en amont. Imprégnez-vous du problème. Pratiquez une activité visuelle comme le mind-mapping ou le photolangage pour aider à relâcher l’inhibition créée par les régions frontales (cortex préfrontal) sur les régions postérieures du cerveau (qui traitent les processus visuels et spatiaux).

Représentez-vous les objectifs ou le résultat à atteindre, essayez d’en comprendre les enjeux pour vous donner de l’énergie et de la motivation.

Quand vous vous sentirez prêt, évitez de vous poser devant une feuille blanche. Immanquablement, vous aurez tendance à juger ce que vous produisez au fur et à mesure que vous le produisez. Ce serait comme essayer de conduire en appuyant sur l’accélérateur et le frein en même temps.

Partez d’un mot, d’une image ou d’un objet inducteur et essayez de produire un grand nombre d’idées à partir de ce point de départ. Vous exercerez ainsi votre fluidité mentale.

Explorez un large éventail de catégories, en adoptant des angles d’attaque multiples et très différents les uns des autres. Vous travaillerez ainsi votre flexibilité mentale.

Utilisez les 6 clés du mode adaptatif

  1. Forcez-vous à être curieux.

Mettez-vous dans la peau d’un extraterrestre. Émerveillez-vous et faites preuve d’une curiosité renouvelée devant des choses familières ou élémentaires. Redécouvrez tout ce qui vous entoure comme si vous le voyiez pour la première fois : l’air que vous respirez, la matière des murs, les objets (tiens, une table ? à quoi ça peut bien servir ?). Étendez cet état d’esprit au problème que vous essayez de résoudre. Questionnez-vous. Avez-vous tout vu concernant ce sujet ?

  1. Adoptez une attitude ouverte.

Suspendez temporairement votre jugement. Dégagez-vous des habitudes de pensée. Ne vous autocensurez pas. Tentez d’identifier vos croyances limitantes. Changez de regard sur le problème. Faites preuve de souplesse d’esprit. Accepter l’inattendu et le désordre. Adoucissez vos convictions. Interrogez-vous. En admettant que la situation est ainsi, que feriez-vous ?

  1. Nuancez vos propos.

Accueillez avec enthousiasme l’insolite et l’étrange. Soyez ouvert et attentif à l’ambigu, l’incertain, l’impalpable, le subtil. Essayez d’éprouver simultanément des émotions opposées ou des idées contradictoires sans choisir.

  1. Relativisez.

Qu’en penseriez-vous dans un autre contexte ? Qu’en penseriez-vous dans trois ans ?

  1. Réfléchissez.

Cherchez l’originalité. N’arrêtez pas précocement votre recherche. La créativité commence vraiment quand les premières idées ont été épuisées.

  1. Soyez personnel.

Mettez-vous à l’écoute de votre sensibilité, vos émotions et votre intuition. Demandez-vous ce qui vous intéresse vraiment dans ce projet. Pratiquez l’introspection et visitez sans sourciller les recoins les plus sombres comme les plus brillants. 

Jugulez le filtrage qui empêche les informations non conformes aux attentes et règles sociales d’être analysées. Détachez-vous du conformisme social. Demandez-vous ce que vous feriez si vous n’étiez pas concerné.

Cultivez l’émergence

Accordez-vous un temps de maturation ou trouvez un moyen de penser à autre chose. Allez marcher, ce qui augmentera en plus l’oxygénation de votre cerveau et favorisera la créativité. Autorisez-vous à rêver, ruminer, laisser vagabonder votre esprit, vous perdre dans vos idées. Pratiquez une activité manuelle ou artistique. Gribouillez sur une feuille de papier puis observez votre dessin. A quoi cela vous fait-il penser ? Comment cela pourrait-il s’appliquer à votre problème pour vous rapprocher de l’objectif ? Revenez à votre gribouillage. Qu’y voyez-vous d’autre ? Pratiquez ce mouvement de pendule à plusieurs reprises.

Durant tout ce temps, maintenez une attention diffuse globale plutôt que focalisée, favorisant l’intuition plutôt que la logique.

  • Niveau comportemental

Si le mode automatique est redoutablement rapide, il n’est capable de gérer que trois ou quatre tâches simultanées. Pour le forcer à passer la main au mode mental adaptatif, nous pouvons saturer ses capacités de traitement. La plupart des exercices qui permettent d’y arriver sont aussi d’excellentes chauffes créatives, idéales pour faciliter une session de créativité. Profitons-en pour nous intéresser à la manière d’amener un groupe à basculer en mode créatif.

Mettre en bonnes conditions un groupe de créativité

La créativité en groupe pose ses propres défis et contraintes. Rappelons-nous qu’une idée ne nait jamais bonne du premier coup. Elle le devient au bout de multiples essais, d’erreurs et de corrections. Encore faut-il que l’idée nouvelle —pleine de scories et d’aspérités— ne soit pas immédiatement rejetée, qu’elle ait le temps de murir et d’embellir.

Les facilitateurs expérimentés commencent toujours par installer un climat créatif qui va aider les participants à :

    • Se sentir à l’aise, détendus et en confiance avec le reste du groupe.
    • Être présents, participatifs et à l’écoute.
    • Être individuellement engagés et motivés par la résolution du problème.
    • Séparer clairement les phases de génération d’idées —dites divergentes, des phases de sélection —dites convergentes, en suspendant temporairement le jugement.
    • Rebondir sur une idée pour faire des associations ou des combinaisons inédites.
    • Relier entre eux des concepts qui n’ont aucun rapport pour obtenir des idées originales et nouvelles.
    • Émettre une opinion personnelle en acceptant la possibilité de se tromper et de ne pas correspondre au conformisme social.
    • Jouer, entretenir une dynamique ludique.
    • Prendre des risques. Rechercher les nouvelles expériences ou les situations inhabituelles sans éprouver de stress ou d’anxiété.
    • Suivre une piste jusqu’au bout, élaborer et enrichir les idées avec beaucoup de détails.

Ces conditions ne peuvent être atteintes que si chaque participant bascule en mode adaptatif. Pour amener le groupe à libérer son intelligence adaptative et créative nous allons agir au niveau comportemental.

Proposez aux participants d’échauffer leur esprit créatif avec un exercice multisensoriel afin de composer une symphonie de sensations. Amenez-les à superposer dans leur esprit différentes perceptions : des sons, des sensations tactiles, des images, des odeurs, des goûts… Une fois la capacité de traitement du mode automatique atteinte, il cédera la place au mode adaptatif. 

De le même esprit, demandez au groupe d’exécuter une tâche complexe ou une tâche simple que vous complexifiez graduellement. Si vous avez besoin d’un moment de calme, vous pouvez par exemple demander aux participants d’écrire une dizaine de lignes avec la main gauche pour les droitiers et inversement pour les gauchers. À l’opposé, pour dynamiser le groupe essayez des exercices comme le « 1.2.3… » ou le « Walk & Stop ». Au-delà d’un certain niveau de complexité, le mode automatique n’arrive plus à suivre et passe la main au mode adaptatif qui a alors tout loisir d’exercer sa créativité.

Le mode mental adaptatif se reconnaît facilement. Vous saurez que la bascule a réussi si vous ressentez un apaisement émotionnel, une aisance corporelle, une liberté cognitive. Votre imagination s’active, vous ne sentez plus de stress, il peut arriver que vous ayez envie de rire.

Une pratique quotidienne

Si vous en avez assez de sortir de vos brainstormings avec une poignée d’idées banales dont vous ne savez pas quoi faire, adoptez les exercices de bascule dans toutes vos réunions et vous constaterez rapidement une amélioration sensible de la production d’idées et de solutions créatives. Pour celles et ceux qui veulent aller plus loin, il existe des formations sur la gestion de l’intelligence collective et l’animation d’ateliers de créativité participative.

Pratiquez aussi pour vous-même. La pratique régulière paie et permet de créer de nouvelles connexions cérébrales. Avec un peu d’entraînement, vous parviendrez à mobiliser votre cerveau créatif à la demande. Vous pourrez par la suite muscler votre créativité en travaillant sur les différents leviers, notamment sur la fluidité, la flexibilité, l’originalité et la capacité d’élaboration.

N’oubliez pas que marcher, se divertir et se reposer favorise aussi l’émergence d’idées inédites. Levez régulièrement la tête du guidon.

Loin d’être réservée à quelques privilégiés, la créativité est une aptitude présente en chacun de nous, qu’il suffit de développer.

Vous avez désormais en main toutes les clés pour vous jeter à l’eau… Surprenez-vous et n’oubliez pas de vous amuser.   

 

 

À propos de Daniel Herskovits

Formateur et facilitateur en créativité, management agile et biosystémique des organisations. Chargé de cours pour l’enseignement de la stratégie et du marketing stratégique en école de commerce et de management. Praticien certifié de l’Approche Neurocognitive et Comportementale.

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One comment

  1. Merci Daniel pour cet article intéressant et complet.
    Lorsque Chesley Sullenberger expliquait comment il avait pris la décision de se poser sur l’Hudson, il racontait qu’il s’y était préparé mentalement par le passé. C’est d’ailleurs ce que font tous les pilotes d’avion. Lorsqu’ils volent, ils ont pour habitude de se poser régulièrement la question à savoir où il devrait atterrir en cas d’urgence.
    Je retiens de cette histoire, que pour être créatif et prendre de bonnes orientations, il faut être préparé.
    C’est ce que vous illustrez très bien dans votre article.
    A bientôt,
    Laurent

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